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Développement économique

La délibération de décembre 2012 sur l’économie de proximité acte le principe d’un soutien régional au développement des monnaies locales complémentaires.

Les Monnaies locales complémentaires, qu’est-ce que c’est ? [21/07/2014]

Les monnaies locales complémentaires appelées monnaies sociales, parallèles, régionales ou encore solidaires, constituent des « dispositifs d’échange locaux de biens, de services et de savoirs, organisés autour d’une monnaie spécifique permettant à la fois d’évaluer et de régler des échanges ». L’adjectif "complémentaire" souligne une articulation de ces monnaies au système monétaire en vigueur : elles n’ont pas vocation à remplacer l’euro mais à pallier certaines de ses faiblesses. Partant de l’idée que l’essentiel de la circulation monétaire se situe en dehors de l’économie réelle, les promoteurs des monnaies locales complémentaires ont cherché à créer un support d’échange qui priorise la circulation de la monnaie dans les économies locales.

Une monnaie locale est créée pour une zone géographique limitée. Chaque monnaie s’appuie sur une charte de fonctionnement définie par l’association qui la développe. Les euros échangés dans des comptoirs d’échange sont généralement placés dans un organisme financier et servent de garantie à la monnaie locale émise.

 C’est légal ? La loi l’autorise au même titre que n’importe quel bon d’achat à partir du moment où elle circule parmi un réseau d’adhérents et que sa contrepartie est déposée en banque. Le projet de loi ESS en cours de discussion reconnait officiellement les monnaies locales complémentaires et fixe le cadre légal : elles peuvent être émises par une structure de l’économie sociale et solidaire dont c’est l’unique objet social et leur émission est encadrée par le code monétaire et financier. Elle rentre dans la comptabilité des entreprises au même titre que les € et est donc comptabilisée pour le calcul des taxes et impôts.

 Comment ça marche ? Il existe diverses modalités de fonctionnement. Le plus souvent, la monnaie locale complémentaire est émise, sous forme d’un support papier (ou parfois électronique) en contrepartie d’euros qui sont stockés en banque sur un fond de garantie. La monnaie circule à l’intérieur d’un réseau de prestataires, qui peuvent eux-même échanger entre eux des biens et services avec cette monnaie. Les prestataires lorsqu’ils ne peuvent dépenser la monnaie peuvent l’échanger contre des euros, parfois en payant une commission.

 Les principaux atouts d’une monnaie locale complémentaire

Une monnaie locale au service de l’économie réelle du territoire

La monnaie locale ne circule que dans l’économie réelle, à l’échelle d’un territoire défini. Elle est uniquement un moyen d’échange de biens et de services et ne circule pas dans les circuits spéculatifs.Elle permet de relocaliser ainsi une partie du pouvoir d’achat en limitant les "fuites" vers l’extérieur du territoire.

Renforcer les pratiques vertueuses : en fonction de la charte définie par ses promoteurs elle privilégie des prestataires s’engageant dans une démarche de progrès écologique et social.

Pour les consommateurs : ils font le choix d’une consommation éthique et contribuant au renforcement de l’économie du territoire. Dans certains cas, ils bénéficient d’un bonus mis en place avec l’appui des commerçant ou d’autres financeurs : pour 100€ déposés ils reçoivent 101 , 105 voir 110€ de monnaie locale complémentaire.

Pour les entreprises : c’est un signe de reconnaissance, un label, il permet de renforcer sa communication,d’augmenter et fidéliser sa clientèle. Les monnaies locales font le pari d’une solidarité en réseau : les entreprises sont incitées à échanger entre elles pour faire circuler la monnaie, à rechercher des prestataires et fournisseurs locaux, c’est un choix "gagnant gagnant" au service de leur territoire.

Pour les collectivités locales : c’est un outil possible au service d’une stratégie de territoire : renforcement de l’économie de proximité, développement de l’économie sociale et solidaire, développement durable, démocratie participative et solidarité...

Elles peuvent mobiliser différents leviers pour soutenir une monnaie locale complémentaire : appui logistique (salles de réunion...), mise en réseau avec les acteurs économiques, institutionnels, les habitants ; implication dans sa circulation en acceptant la monnaie locale en paiement de certains services ou en payant certaines prestations en monnaie locale, soutien financier.

 

 

 

 

 

Les facteurs clé de succès d’une monnaie locale complémentaire [16/07/2014]

Les monnaies locales complémentaires en France et en Rhône Alpes, sont pour la plupart récentes, toutes ne parviennent pas à se développer à une échelle significative. A la lumière de ces expériences, analyse des conditions de réussite d’une monnaie locale complémentaire (d’après notamment Frédéric BOSQUE, réseau SOL, promoteur du SOL Violette à Toulouse)

LES INCONTOURNABLES

1/ Un partenariat large, diversifié et impliqué associant a minima citoyens/consommateurs, entreprises, mais aussi une banque et les collecitivités locales ;

2/ Un processus de gouvernance participatif permettant l’implication active et la montée en compétence de toutes les parties prenantes ;

3/ L’inscription dans une stratégie locale au service d’un projet plus large. La monnaie locale a alors bien plus de chance de trouver une large adhésion, des relais, et un développement pérenne et qui "fait sens" pour les différents acteurs ;

4/ Les modalités de circulation de la monnaie, entre consommateurs et entreprises mais aussi vers la "2ème couronne" : prestataires et fournisseurs des adhérents initiaux,et renforcement des circuits locaux d’approvisionnement.

4/ Le choix des entreprises et les conditions d’adhésion : axes de progrès, charte...

5/ Les conditions d’émission de la monnaie locale complémentaire :prise en compte du cadre légal pour une sécurité juridique, le cas échéant en partenariat avec une banque.

6/ Une communication large et bien conçue

7/ Le modèle économique et les relais de financement pour une autonomisation croissante du projet un équilibre à trouver pour éviter une dépendance aux subventions publiques et permettre une pérennisation du projet, en intégrant les leviers d’autofinancement, les soutiens non monétaires, les financements privés...

LES PLUS

8/ Bien préparer le lancement de la monnaie:la phase "amont" est cruciale, elle prend souvent 1 à 2 ans pour la construction du réseau et la finalisation du projet. Une phase test peut être intéressante pour ajuster les modalités de fonctionnement.

9/ Formation et accompagnement : des ressources nombreuses existent au sein des réseaux de monnaies locales complémentaires, permettant de bénéficier de l’expérience et des outils développés à partir des premiers projets.

9/ Implication de la collectivité en tant qu’agent économique Le paiement en monnaie locale de services publics locaux permet d’étendre la circulation de la monnaie. Ex : à Bristol en Grande Bretagne, les tickets de bus peuvent être achetés en monnaie locale.

9/ La monnaie locale comme vecteur de solidarité. A Toulouse, des bons alimentaires ont été émis en SOL Violette, permettant à la population fragile d’en bénéficier également.

 

 

Pour en savoir plus [21/07/2014]

Synthèse étude sur les monnaies locales en Rhône Alpes (132.5 ko)
Synthèse de l’étude régionale Argo et Siloe sur les monnaies locales complémentaires en Rhône Alpes
Synthèse prospective sur le modèle économique des monnaies locales complémentaires (969.2 ko)
par Jérôme BLANC et Marie FARE, laboratoire TRIANGLE